Par quoi commencer?
La joie, l'emotion, la souffrance?
Et si je commençais par le début.
Nous sommes donc vendredi 29 août 1h30 avant le départ. Nous sommes dejà tout proche de la ligne de départ et avec Christéle (ma soeur), Stéphanie Mathias et Juliette (ma femme et mes enfants )
nous attendons sagement l'heure. On boit nos boissons d'attente, on mange nos barres et nos bananes parceque en fait on a mangé super tôt puisque nous logeons aux Contamines dans la ferme de mes
parents et qu'il s'écoulera 6 heures entre notre repas et le départ.
Cette attente se fera dans le calme au pieds de l'église de Cham et face au bureau des guides. Les trailers arrivent au fur et à mesure, mais une chose est sur, 1 heure avant tout le monde est là.
Français, suisse , allemand, c'est la tour de Babel dans une ambiance bon enfant.
1 heure avant c'est aussi le moment ou sophie et bibi nous rejoignent pour faire avec christéle et stéphanie notre assistance durant tout ce WE.
On est tous content de se retrouver prêt à tout pour aller ensemble jusqu'au bout.
18h c'est le briefing, la tension monte et on s'attroupe tous dans le sas de départ. J'ai découvert ce que ressente les sardines dans leur boîte!!!!
Nous retrouvons a ce moment christophe et raoul du club des rives du tarn (qui font aussi la course) qui nous font une surprise en nous offrant de magnifique Buff vert fluo avec nos noms et logos
des 2 clubs, c'est la touche final à notre tenue.
Puis la fameuse musique du générique de Christophe Colomb et c'est parti, enfin pas de suite parceque 2300 coureurs ça met du temps à s'ebranler. Traversé de Cham, dernier petit bisoux aux enfants
en passant devant eux et en route pour la grande aventure.
Le chemin jusqu'aux Houches est une longue procession. C'est pas là qu'on risque de se cramer (heureusement).
Ca rigole de partout, ca s'arréte pour le petit pissou, mais attention aux coup de batons!!!
Le ravito des Houches se passe sans encombre et trés rapidement pour attaquer la montée au col de Voze et à la charme. Heureusement, là encore, que la route est large sinon bonjour les bouchons que
l'on aura tout de même à la Charme avec perte de temps d'une dizaine de min pour pointer et finalement ne pas pointer.
La nuit commence à tomber, il est temps de rejoindre Saint gervais par de belles descentes en sous bois et de mettre par la même occasion les frontales. Toujours à la queue leuleu on evite les
chutes et on evite de se cramer les quadri.
L'arrivée sur Saint ger est fantastique, une ambiance de fou avec plein d'enfants, du monde qui applaudie, quel bonheur. Tout va bien, on a 10 min d'avance sur notre timing et on est vraiment
tranquille. 1ere soupe au ravito, coca et maxim et ça repart pour les contas ou on va retrouver notre assistance fétiche et les enfants qui m'auront attendu jusque là.
Ce chemin se fait sans probléme, quelques coup de cul mais on arrive chez nous, ces chemins on les connait par coeur. Par contre autour de nous il y a les 1er malade, je n'ai jamais vu ça sur aucun
autre trail. Pas encore 30 km et il y en a dejà dans le dur.
Arrivée aux conta, c'est le soulagement chez notre assistance car nous n'avons était pointé ni à la charme ni à Saint ger. Changement de tenue pour des manches longues, du thé chaud dans mon camel,
de la soupe, coca maxim et du gateau energétique que je m'étais preparé le matin.
Aux conta, Olivier le dernier de la bande d'assistance nous à rejoint. Le groupe est au complet et on est tous content. De les voir tous c'est que du bonheur, les enfants m'ont attendu et ils sont
ravis de voir leur papa.
Aprés 15 min de pause on repart. La prochaine fois qu'on les verra ce sera dans 9h à Courmayeur.
On part en trottinant pour tenir le timing. Connaissant parfaitement le chemin on gére notre montée à la Balme puis au Col du Bonhomme sans probléme. Le ravito de la Balme est super, avec plein de
monde malgré le fait qu'il faille marcher 1h pour y arriver. Grand feu, musique et pour moi.... soupe, coca, Maxim... la routine quoi.
La monté au col du Bonhomme va nous agacer à cause des bouchons incessant dans lesquels on perdra plus de 10 min. Philippe est à la limite de me lâcher à cause de ses dépassements incessant. Les
changements de rythme ne sont pas ma tasse de thé.
Au final, j'arrive à le recoller aprés le col. Refuge du Bonhomme, nuit noir et juste un pointage puis on bascule sur les chapieux. 3 semaines avant lors de notre reco on avait constaté que cette
descente de nuit pouvait être dangereuse. Finalement tout se passe bien pour arriver au Chapieux. A partir de là nous serons definitivement hors timing. Ce qui n'est pas grave en soi, surtout pour
moi qui espére juste arriver.
50 km et toujours la forme. Nous ne souffrons pas de sommeil et reattaquons la partie la plus soulante de ce tour. 4 km de montée sur goudron pour rejoindre la ville des glaciers. Heureusement
suivi par le col de la Seigne et 1er indice concernant nos formes respective. Ca passe pour nous 2 mais Philippe trouve que je suis monté un peu vite.
La redescente sur le refuge Elisabetha est un régal avec les premices du levé de soleil. La bascule sur le ravito du lac combal nous surprend car ce n'est pas le chemin que nous avions reconnu et
il carrément cassant avec plein de cailloux qui roulent sous les pieds, puis c'est le ravito avec un coup de pompe pour nous 2. Nous prenons donc du temps sur ce ravito ( 20 min je crois), nous
prenons froid aussi et decidons donc de repartir vite fait avant d'être malade.
100m de parcouru, le tel de Philippe sonne. Notre assistance nous fait la surprise de nous attendre 300m plus loin.
Les revoirs nous rechauffe un bon coup, on discute, on rigole et le moral regonflé a 100% on repart pour l'aréte du Mont favre, Maison vieille et Courmayeur. Ce morceau se fera sans probléme avec
même une descente trés rapide sur Courmayeur (30mmin soit 5 min de mieux que lors de notre reco). Une chose à noter quand même toute cette partie a été faite avec le levé du soleil. C'était
extraordinaire.
77km Courmayeur et le doute s'installe dans ma tête. Impossible de manger correctement. Je n'ai pas faim et le spectre de l'ultra de l'aubrac refait surface, d'autant plus que derriére c'est la
montée à Bertone. Lors de la reco je l'ai passé à plus de 900m/h sans probléme, mais là j'ai dejà 77km dans les jambes et en plus il commence à faire chaud.
Bibi nous masse, les filles nous aide à nous changer et Olivier nous fait manger. J'adore, chacun à trouvé sa place dans cette super équipe que je ne remercierai jamais assez. C'est presque aussi
bien huilé que dans une écurie de Formule 1. Pourvu que les moteurs tiennent!?!
On repart bien 50 min plus tard Philippe ayant mangé et moi ayant grignoté. Je me met à l'aspi de Philippe en esperant ne pas sauter dans cette foutue montée. Finalement comme d'hab depuis le début
de cette course on prend notre rythme de vieux montagnard tout en régularité. Au début tout le monde nous double puis plus personne nous double, puis au final on redouble tout le monde. Bilan à
Bertone j'ai repris du poils de la bête et Philippe va bien.
Mais là sur ce ravito voilà ti pas qu'i se mettent à nous restreindre le coca, l'eau et le Maxim. Y sont fous ces Italiens.
Et la soupe c'est sans les pates!!! bilan vive les barres et les gels que l'on a pris heureusement en quantité suffisante.
Bertone Bonatti la température monte sur ce balcon ou l'on a la vue la plus extraordinaire de ce tour. C'est le chemin sur lequel j'ai volé pendant la reco en pouvant courir tout le long et j'ai a
nouveau de bonne sensations.
Cette partie se passe donc super bien. A Bonatti c'est le ravito ou Philippe prend sa premiére alerte. Coup de pompe, coup de chaud ? rien empêche qu'il ne repart pas. Il est scotché. Que faire?
Connaissant le bonhomme et son amour propre je lui dit que j'y vais et que je l'attendrai sur le chemin.
Du coup je fais 30m et il est debout, 50m et il a mis son sac 75m et il est reparti. Tout le long du parcours jusqu'à Arnuva je me retournerai pour le voir.
Mais un autre sujet me préoccupe, même si la machine tourne bien, des douleurs inquiétantes apparaissent. Mon tibia et mon genoux se rappelent à mes bons souvenirs.
C'est décidé à Arnuva je vais au poste de secours et j'attendrai Philippe.
1 anti inflammatoire et 1 coup de froid plus tard, Philippe arrive. On se ravitaille consciencieusement avec .... soupe, coca et maxim plus de succulent gateaux craquant à souhait.
La montée au grand col ferret risque d'être terrible par cette chaleur. Ma casquette mouillée me protégera bien et me permettra d'arriver au sommet sans encombre.
99km et c'est toujours la patate. Philippe va mieux mais maintenant il souffre d'irritations entre les jambes.
On descendra jusqu'à La Fouly tranquillement. Nous sommes accueillis par notre équipe avec le sourire, mais Philippe va à nouveau moins bien. Tout le monde s'affaire autour de lui, le réchauffe, le
masse, l'engueule...
Il faut le bouger pour qu'il reparte. Cette course c'est à 2 qu'on la terminera!!!
La route jusqu'à Champex nous permettra de nous requinquer et d'attaquer la 2éme nuit (la plus terrible soi disant).Arrivé à Champex sous la grande tente je me prends limite un malaise à cause de
la chaleur qu'il y régne.
C'est un véritable choc thermique par rapport à dehors. Il y a un monde fou.
Je profite de cet arrét pour me faire poser un strapping pour le tibia et les kinés insistent pour me masser. Je ne voulais pas puis finalement ça m'aura fait du bien.
Philippe va mieux mais il a le "cul qui brûle" et les jambes bien dure.
Il reste 44 kms à faire. A partir de là, je sais que j'irai au bout et que Philippe aussi. On connait le parcours. Seul Bovine me fait peur. Le reste c'est de la rigolade.
Bibi nous a concocté un petit mélange pour rester éveillé.
La montée de Bovine à pour moi tenue toute ses promesses. Nous nous sommes partagés le travail avec Philippe. 30min j'ai mené et 30min ça a été son tour.1h pour accéder à l'alpage de nuit avec ces
foutus rochers et ce balisage à 3 métre du sol, je considére ça comme une perf.
On s'est ensuite laisser glisser jusqu'à la Forclaz. Bibi et Olivier sont remontés nous rejoindre et nous ont vu débouler plus vite que prévu.
Au col petit souci pour moi. Un lacet de mes chaussures péte. Vous savez les XT Wings c'est les chaussures au lacet inchangeable puisque incassable soi disant (depuis juin j'en ai pété 3)!
Heureusement que j'en ai une autre paire dans la voiture qui nous attendait au col, sinon je ne sais pas comment j'aurai fini.
Nous continuons la descente tout les 4 jusqu'à Trient. Ce doit être 1h du Mat. Le village est super calme ainsi que le ravito. La lassitude se fait sentir. En plus je ne connais pas la suite du
parcours. Je sais que c'est raide mais régulier donc ça doit passer. Effectivement c'est raide, et le fait de ne pas connaitre le chemin m'agace un peu genre c'est quand qu'on arrive!!! En plus
Philippe me fait c'est pas loin, dans 2 virages...
Au final Catogne c'est 4 virages plus loin, puis un long balcon montant puis une redescente puis le 1er Catogne puis le 2eme Catogne qui est le bon. En clair c'est long.
La redescente sur Vallorcine se passe sans souci pour moi. Philippe a de plus en plus de mal à marcher à cause de ses irritations. Comme quoi pas la peine de porter de super marque pour aller
bien!?!
Au ravito changement de slip pour les 2 avec badigeonnage de Bepantene pour les echauffements. C'est 5h du mat je crois et il fait bon on se ravitaille en dehors de la tente mais sous un
parasol chauffant. 1 cafe, 1 thé, de la soupe, du coca et maxim plus quelques cacahuétes, noix de cajou.
km 148.7 on est sur d'arriver au bout. La tête au vent ne sera qu'une formalité. Il manque juste le soleil et donc le magnifique paysage. Par contre on a vue les chamois à 2 métres de nous et ça
c'est un vrai bonheur.
Christophe des Rives du Tarn nous a rejoins à Vallorcine on va finir ensemble. Il a fait une super course, sans assistance avec 2 superbes strap aux genoux posé à Champex.
Arrivée à la Flégére des ailes poussent à Philippe et il décide de se faire la descente en courant soit 6 km bien raid. Je tiendrai 1/2 heure puis mes doigts de pieds et ma tendinite au tibia me
rappelent à l'ordre. Fin de la descente en marchant. On aura quand même repris dans la 1ere portion une bonne vingtaine de courreurs.
Puis c'est le final dans Chamonix ou la foule vous applaudie, vous encourage et vos améne à courrir. Toutes les douleurs disparaissent, toute la fatigue s'envole. C'est incroyable de vivre ça.
A 300m de l'arrivée je récupére femme et enfants qui franchiront la ligne avec moi. C'est le bonheur total. Un rêve qui devient réalité. Philippe, Christéle, Stéphanie, Bibi ont la larme à
l'oeil.
C'est beau, c'est magnifique, ça fait 8 mois que j'attends ça!!!
J'y suis arrivé. 40h de gestion, 40h de bonheur, 40h d'osmose avec ce qui m'entoure. A aucun moment je n'ai souffert, a trés peu de moment j'ai été fatigué.
Je pense que j'ai vécu un WE unique que je ne pourrai peut être jamais reproduire, mais qu'est ce que ce fut bon.
Pour les photos vous pouvez voir cette adresse
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